RIZ
 
Les rizières, conduites en submersion durant une grande partie du cycle cultural, constituent un milieu très favorable au développement de nombreuses plantes pouvant entrer en concurrence avec la culture du riz. Plus d’une soixantaine d’espèces différentes y ont ainsi été répertoriées, parmi lesquelles : Oryza sativa, forme adventice du riz cultivé (appelé localement « crodo »), les Echinochloa (appelées localement « panisses »), ainsi que plusieurs espèces de Cypéracées (appelées localement « triangles »).
 
Cette problématique majeure que représente l’enherbement est autant que possible gérée de manière intégrée (rotations culturales, travail du sol, choix variétaux), mais le recours à des applications herbicides constitue une nécessité en riziculture conventionnelle.
 
Les autres préoccupations, concernent :
- la phase de germination-levée, au cours de laquelle les contraintes biotiques (champignons et ravageurs) viennent s’ajouter à des conditions climatiques souvent pénalisantes (températures minimales faibles, forte occurrence du Mistral)
- la fin du cycle avec des problématiques de ravageurs (pyrale du riz) ; ainsi que de maladies (pyriculariose prin-cipalement).


EMERGENCE ET JEUNES PLANTULES
 
  • Manques à la levée ou disparition de plantules déjà levées.

 
FONTE DES SEMIS
 
Elle peut être causée par plusieurs espèces de champignons, présents dans le sol(Rhyzoctonia spp., Pythium spp., Achlya spp.) ou sur les semences (Alternaria spp., Fusarium spp., ..).
 
Fréquence élevée.

Les fortes densités de semis pratiquées en Camargue permettent généralement d’en limiter les conséquences.
 
Lutte 
 
Rotations culturales (champignons du sol), utilisation de semences saines (champignons des semences)
Favoriser une levée rapide des riz (utilisation de variétés à bonne vigueur, pré-trempage des semences)
Sur semences, développement de mycélium parfois visible, nécroses.
Assèchement de la parcelle pendant quelques jours lorsque cela est possible


CHIRONOMES
 
Cricotopus trifasciatus, Cricotopus sylvestris, Chironomus thummi
 
 
Les dégâts sont essentiellement dus à l’activité des larves de Cricotopus. Sur les graines en début de germination, les larves (de couleur blanche-translucide, mesurant 5 à 7 mm de long) détruisent les germes et s’enfouissent dans les graines qui sont entièrement vidées. Sur plantules, les larves s’attaquent aux jeunes racines et tiges, ce qui a pour impact de ralentir le développement de la plantule ainsi que de fragiliser son ancrage au sol. L’espèce Chironomus (vers rouges mesurant 10 à 15 mm de long) ne provoque pas de dommages directs mais, par son action fouisseuse, peut faire remonter les racines des jeunes plantes, qui sont alors plus sensibles à l’arrachage en cas de mouvements d’eau, et plus exposées aux attaques des larves de Cricotopus. 
 
Fréquence élevée.
 
Les fortes densités de semis pratiquées en Camargue permettent généralement d’en limiter les conséquences.
 
Lutte 
 
Favoriser une levée rapide des riz (utilisation de variétés à bonne vigueur, pré-trempage des semences) ou opter pour un semis enfoui à sec.
Grains vidés, coléoptiles ou jeunes racines sectionnés, 
Présence de plantules arrachées sur les bordures de parcelles après des épisodes ventés,
Présence de larves dans la couche superficielle du sol (remontant à la surface de l'eau lorsque l'on remue très légèrement les premiers millimètres du sol).
En présence de larves à la surface du sol, assécher la parcelle le plus rapidement possible et la maintenir sans eau durant quelques jours.
 


  • Zones entières de parcelles, hors bordure, sans plantes
 

FLAMANTS ROSES
 
Phoenicopterus roseus
 
Tant que les plantules de riz n’ont pas émergé à la surface de l’eau, les rizières représentent un milieu attractif pour les flamants roses, qui y trouvent une nourriture abondante ; se déplaçant par groupes pouvant atteindre 200 individus, les dégâts qu’ils provoquent sont principalement dus à leur activité fouisseuse ainsi qu’au piétinement.
 
Fréquence limitée (problématique accentuée lors de printemps secs du fait de l’absence d’eau dans les milieux naturels adjacents aux zones de nidification des flamants).
 
Les dommages sont ponctuels, mais peuvent être localement importants
Mise en œuvre de systèmes d’effarouchement (canons sonores, gyrophares, pistolets à fusées) utile mais devant être complétée par une présence humaine aux heures d’arrivée des oiseaux (tombée de la nuit).
Traces de passages visibles dans les rizières (plumes, turbidité de l'eau liée à la mise en suspension de particules de sol).
Pas de méthode de lutte (le flamant est une espèce protégée)

 
 
  • Stries longitudinales sur jeunes feuilles

 
CHARANÇON AQUATIQUE DU RIZ
 
Lissorhoptrus oryzophylus
 
L’adulte de ce coléoptère, dont la première identification en Camargue date de 2014, passe l’hiver en diapause dans des plantes hôtes situées à la périphérie des rizières.
Au printemps, dès les mises en eau réalisées, les adultes migrent vers les parcelles et, lorsque les plantules de riz émergent au dessus de la lame d’eau, se nourrissent sur les feuilles, y laissant des stries longitudinales très caractéristiques.  

Les dégâts des adultes sont principalement localisés sur la zone périphérique des parcelles (10 à 15 mètres) mais peuvent, en cas de fortes infestations, s’observer jusqu’à des distances nettement plus éloignées des bordures. L’impact de ces dégâts sur feuilles reste néanmoins limité.
 
Fréquence élevée
 
Les dommages sont faibles, mais peuvent être révélateurs d’une situation à risque élevé après épiaison de la culture   
 


TALLAGE-MONTAISON

 
Tassement de la végétation, pouvant aller jusqu’à un dépérissement complet et une disparition de plantes  
 
CHARANÇON AQUATIQUE DU RIZ
A ce stade, on n’observe plus de présence d’adultes sur le feuillage. Les dégâts sont liés à l’action des larves (vers blancs) au niveau du système racinaire, qu’elles sectionnent, provoquant un affaiblissement, voire un dépérissement des plantes.
 
Fréquence élevée
 
Les attaques qui provoquent un retard de végétation, voire une disparition de plantes ont des conséquences importantes sur le potentiel des cultures.
 
Lutte

Les plantes dont le système racinaire est endommagé s'arrachent facilement lorsqu'on les saisit ; l'observation des larves, ainsi que des pupes, abritées dans de petits cocons de terre fixés sur les racines, s'avère relativement aisée.
Pas de possibilité d'intervention à ce stade

 
 
  • Taches sur feuilles
 
 
PYRICULARIOSE 
 
Magnaporthe oryzae (ou Pyricularia oryzae sous sa forme asexuée)
Les attaques précoces, sur feuillage, ont des conséquences limitées.      
 
Fréquence limitée 
 
Les dommages sont faibles, mais peuvent être révélateurs d’une situation à risque élevé après épiaison de la culture
Choix variétal (variétés peu sensibles)
Limitation des sources d’inoculum (utilisation de semences indemnes, destruction des riz adventices)
Une fertilisation azotée raisonnée, prenant en particulier en compte l’historique de la parcelle (apports de matières organiques, précédent luzerne, ..), permet de limiter les risques de développement de la maladie.
Sur feuilles, lésions allongées, généralement plus claires au centre que sur leur périphérie.
L'observation de symptômes sur feuilles, dans des situations favorables à un développement de la maladie (variété sensible, forte disponibilité en azote, zones protégées du vent) doit conduire à envisager la réalisation d'une intervention chimique (voir Index ACTA)


 
HELMINTHOSPORIOSE
 
Bipolaris oryzae
 
La présence de cette maladie en Camargue est généralement limitée à des attaques sur feuillage, aux conséquences limitées pour la culture.
 
Fréquence limitée.
 
Les dommages sont mineurs
Une fertilisation équilibrée permet de limiter la présence de la maladie
Sur feuilles, taches circulaires ou légèrement ovoïdes, de couleur marron foncé au centre, marron-rougeâtre à leur périphérie 
Pas de  lutte nécessaire

 
  • Jaunissement et tassement de la végétation
 

JNO (JAUNISSE NANISANTE DE L'ORGE)
 
Cette maladie virale, transmise principalement par le puceron Rhopalosiphum padi, se manifeste par un jaunissement du feuillage ; les premiers symptômes sont visibles sur quelques plantes, puis ils couvrent de petites surfaces par taches jaunes réparties dans la parcelle.
 
Fréquence rare
 
Infestations bénignes
 
Lutte

Pas de lutte possible

 
  • Dessèchement de la dernière feuille, non complètement déroulée
 

PYRALE DU RIZ   
 
Chilo suppressalis
Ces symptômes sont liés à la première génération de larves de pyrales ; leur impact est négligeable compte tenu des possibilités importantes de compensation par le tallage

 
  • Extrémité blanche des feuilles 
 

NEMATODE DU RIZ
 
Aphelenchoïdes besseyi
 
Responsable d’une affection appelée « Maladie des extrémités blanches », ce nématode, en forme de petit vers (0,4 à 0,8 mm de long), est diffusé par les semences dans lesquelles il se conserve. 
Les nématodes s’abritent dans le grain, sur la face interne des glumelles (balle).
Pendant la phase végétative du riz, ils vivent sur les jeunes feuilles encore enroulées et sur la surface interne des gaines. Puis ils se déplacent vers la panicule où ils se reproduisent à l’intérieur des épillets avant l’épiaison. 
 
Fréquence rare
 
Infestations bénignes
 
Lutte

Utilisation de semences indemnes
Pas de lutte possible


 
  • Tiges sectionnées
 
RAGONDINS
 
Myocastor coypus
 
Si les dégâts de ragondins sont majoritairement liés à la dégradation des réseaux hydrauliques périphériques aux rizières(creusement de galeries), ils peuvent également impacter directement les cultures, se nourrissant des parties aériennes des plantes.
 
Fréquence élevée
 
Les dommages sont limités
Limitation des sites de reproduction potentiels.
Traces de passages visibles dans les rizières (riz couchés)
Piégeage


 
  • Gigantisme 
 
 FUSARIOSE MONILIFORME
 
Fusarium moniliforme ou Gibberella fujikuroi
 
Outre le gigantisme des plantes atteintes, lié à un allongement très marqué des entre-nœuds, cette fusariose (également nommée Bakanae) se manifeste par une coloration plus claire du feuillage. 
Rarement observée en Camargue, sa présence est favorisée par des températures estivales très élevées.
 
Dommages directs très faibles, mais le règlement technique pour la production de semences certifiées intègre depuis 2013 une norme concernant l’état sanitaire de la parcelle sur cet aspect (seuil de quatre plantes par 200 m² pour la production de semences certifiées de première reproduction (R1)).



 
DE L’EPIAISON A LA RECOLTE
 
  • Panicules échaudées (sèches)
 
PYRALE DU RIZ
 
Chilo suppressalis
 
La pyrale  est un des principaux insectes ravageurs du riz en Camargue. Ce lépidoptère compte deux générations annuelles complètes, suivies d'une troisième plus ou moins partielle. Il pond ses œufs sur la face inférieure des feuilles ; après éclosion, les chenilles migrent vers les nœuds de la tige par lesquels elles rentrent en traversant la barrière à sclérenchyme. Elles se nourrissent des tissus du nœud, pour ensuite coloniser l’entre-noeud. 
Les dommages, surtout sensibles à partir de la floraison, peuvent être soit directs (panicules blanches, stérilité, poids de grain diminué), soit indirects (verse et difficulté de récolte).
 
Fréquence élevée
 
La pyrale du riz peut induire des pertes de rendements préjudiciables (impact direct et indirect lié à la verse)
 
Lutte

Dans les zones à risques, l’utilisation des variétés les plus tolérantes est à privilégier.
Panicules blanches (épillets vides), perforations des tiges 
Présence de plantules arrachées sur les bordures de parcelles après des épisodes ventés,
Présence de larves dans la couche superficielle du sol (remontant à la surface de l'eau lorsque l'on remue très légèrement les premiers millimètres du sol).
Il existe des possibilités de lutte par application d’un insecticide, à positionner en fonction des dates de vols (déterminées par un réseau de piégeage) ainsi que par utilisation de phéromones (piégeage massif, confusion sexuelle). Se référer à l'Index ACTA.

 
 
PYRICULARIOSE 
 
Magnaporthe oryzae (ou Pyricularia oryzae sous sa forme asexuée)
 
Un facteur clé du développement de la maladie est la durée d’humectation du feuillage. Les conditions climatiques (étés humides et nuageux, vent réduit,…) et microclimatiques (zones plus ombragées et moins exposées au vent) entrainant une humectation prolongée, favorisent le démarrage et l’extension des épidémies. Le champignon peut effectuer jusqu’à 10 cycles de multiplication végétative au cours du cycle cultural. Si les attaques précoces, sur feuilles, ont des conséquences limitées, ce n’est pas le cas des attaques paniculaires, et en particulier du nœud paniculaire (pyriculariose du cou) pouvant conduire à un échaudage total.
 
Fréquence limitée 
 
Les dommages sont globalement faibles, mais peuvent être localement très importants
Choix variétal (variétés peu sensibles)
Limitation des sources d’inoculum (utilisation de semences indemnes, destruction des riz adventices)
Une fertilisation azotée raisonnée, prenant en particulier en compte l’historique de la parcelle (apports de matières organiques, précédent luzerne, ..), permet de limiter les risques de développement de la maladie.
Nécrose du cou (nœud paniculaire) et échaudage partiel ou complet de la panicule.
Pas de lutte possible à ce stade
Verse de la culture 


 
PYRALE DU RIZ
 
Chilo suppressalis



SCLEROTIUM
 
Sclerotium oryzae et Sclerotium hydrophilum 
 
L’inoculum de ces champignons se conserve dans les rizières (au niveau des chaumes et dans le sol). La présence de taches noires, nécrotiques, peut être observée dès le tallage sur la gaine, au niveau supérieur de la lame d’eau. La présence de sclérotes, sur la gaine et dans la tige est également visible.
 
Fréquence limitée.
Les dommages sont mineurs


Avec le soutien de Arvalis Institut du Végétal  -  www.arvalisinstitutduvegetal.fr